Mémoire vivante au cimetière américain pour les 307

Dans le cadre de leur projet de liaison avec le lycée Jean Moulin (plus précisément avec une classe de 1ère S), la classe de 307 a visité ce mercredi 17 janvier le cimetière américain de Draguignan.

L’accueil par la guide du cimetière, Alison, fut très chaleureux. Elle fut très dynamique, très sympathique et a un humour anglais très fin (« l’English Touch » dixit Fabien).

Très rapidement plusieurs élèves volontaires furent mis à contribution à savoir nos journalistes Rose, Johanne, Cloé, Marion, Théo et Fabien.

Dès le début de la visite, nous avons marché sur les tombes  car dans la culture américaine, ce n’est pas choquant, c’est une manière d’honorer la mémoire de ceux qui sont tombés. Et dans les tombes, contre toutes attentes, il y a réellement les corps des soldats tombés.

Les tombes sont organisées en carré, les morts ne sont pas classés selon leurs religions ou leurs classes sociales. On ne connaît pas leurs dates de naissances, pour éviter que les visiteurs éprouvent davantage de pitié pour certains plutôt que d’autres.

Le cimetière Américain de Draguignan contient 867 tombes. Il fut crée le 15 août 1944.

Alison nous a fait une présentation complète de la 1ère tombe en lien avec notre projet : l’histoire émouvante de Kenneth Karsen et de sa fiancée Pearl.

Kenneth et Pearl se sont rencontrés lorsque Pearl soignait le père de Kenneth atteint d’un cancer. Dès leur première rencontre, ce fut le coup de foudre. Kenneth partit à la guerre. Quand il était là-bas, il a envoyé à Pearl un médaillon en forme de cœur, avec au centre une serrure ; Kenneth avait autour du cou la clé qui s’emboîtait dans le cœur. Ils sont aujourd’hui enterrés avec ces deux précieux objets. Kenneth est mort en septembre, un mois avant d’avoir sa permission et quelques jours avant son mariage. Une lettre écrite par Kenneth et une lettre écrite par sa fille d’adoption furent lues par Nawal et Cloé. Après la mort de Kenneth, Pearl épouse son meilleur ami, mais Kenneth reste toujours dans son cœur. Les filles de Pearl et du meilleur ami de Kenneth racontèrent leur histoire : elles avaient deux pères l’un réel, et l’un « virtuel » (Kenneth).

La 2ème tombe présentée fut celle de Jérôme ; il fut tué avant même d’avoir pu toucher la terre ferme, lors du débarquement en Provence. Sami nous a lu la dernière lettre écrite par le jeune homme, adressée à sa mère et Melle Jélassi nous a lu le télégramme annonçant sa mort, les 2 ayant été reçus le même jour.

Puis, ils ont visité le mur commémorant les noms des soldats tués dont les corps n’ont pas été encore retrouvés. Des inhumations ont encore lieu de nos jours car en octobre 2017, le corps d’un soldat datant de la 2nd GM fut retrouvé.

La dernière tombe présentée fut celle d’un jeune soldat, dont les parents étaient d’origine allemande, et qui avait une partie de sa famille qui vivait encore en Allemagne lors de la Seconde Guerre Mondiale. Il choisit de servir son pays, les USA. Il avait des capacités en médecine et soignait ses camarades blessés ; il portait de surnom de « Medic ». Alison leur a ensuite raconté que les personnes torturées par la Gestapo étaient envoyées dans l’actuel Lycée Jean Moulin, où une fois soignés, ils étaient de nouveau renvoyés dans les salles de tortures. Férit nous a lu la lettre d’une jeune dracénoise, adressée à ce soldat qui s’est sacrifié pour libérer le sud de la France, et notamment Draguignan, de l’occupation nazie.

De retour en classe, les élèves ont découvert les soldats dont ils vont soit prendre l’identité, soit imaginer être un membre de leur famille.

Il y eu de bonnes surprises pour certaines filles (cf le beau Kenneth…), pour les garçons, un peu moins …

(Article rédigé par Rose, Johanne, Cloé, Marion, Théo, Fabien et Melle Jélassi).